Témoignage du Docteur Hélène Letur, gynécologue-endocrinologue, médecin de la reproduction
 

DANS QUELLES SITUATIONS MEDICALES A-T-ON RECOURS AU DON D’OVOCYTES ?

« Dans quelle situation sera-t-on amené à proposer un don d’ovocytes ou à accepter une telle demande d’un couple qui souhaite avoir un enfant. Alors dans deux situations, soit la femme de ce couple en âge de procréer n’a plus de fonctionnement ovarien ; soit elle a encore un fonctionnement ovarien et certaines éducations font qu’il y aura une orientation nécessaire vers le don d’ovocytes. 

En l’absence de fonctionnement ovarien, cela signifie qu’il n’y a plus de menstruation du fait de l’absence ou de la perte de l’activité ovarienne qui consiste à produire des ovocytes matures prêts pour la fécondation. C’est la définition de l’insuffisance ovarienne que l’on appelle « prématurée » lorsqu’elle survient avant l’âge de 40 ans. 
Dans ce premier cas, trois grands mécanismes ont été évoqués : soit il y a une diminution plus ou moins importante du stock d’ovocytes initial, soit il y a une perte accélérée de ceux-ci, soit il y a un défaut de fonctionnement qui gêne la maturation des ovocytes. Dans ces conditions, un certains nombre de causes ont été identifiées. Elles sont essentiellement d’ordre génétique mais il peut s’agir de conséquences d’actes thérapeutiques destinés à guérir une maladie. Il peut s’agir d’un acte chirurgical qui va diminuer le volume ovarien ; il peut s’agir également de certaines chimiothérapies ou d’une radiothérapie qui va inclure les ovaires. 

Deuxième situation que l’on a évoquée initialement, c’est le fonctionnement ovarien persistant. Cela concerne deux cas : le premier, il y a un fonctionnement ovarien normal, mais un risque de transmission par la mère d’une infection génétique d’une particulière gravité. Dans ces conditions, la commission génétique pourra avaliser l’orientation vers un don d’ovocytes. Dans tous les cas que nous avons évoqués, la réflexion pluridisciplinaire va valider ou non l’orientation vers le don d’ovocytes, et également pour la femme, vérifier l’absence de contre-indications identifiées à une grossesse. »