Témoignage de Patricia et Christophe, qui ont bénéficié d’un don de spermatozoïdes POURQUOI AVEZ-VOUS DU FAIRE APPEL AU DON DE SPERMATOZOÏDES ? Christophe : « Nous avons fait un spermogramme, il n’y avait rien du tout. Je savais qu’il y avait des dons alors j’en ai parlé au médecin. Il m’a dit d’aller voir l’Agence de la biomédecine, au CECOS. Nous avons discuté et puis nous avons fait la demande de don. » AVEZ-VOUS ACCEPTE FACILEMENT LE PRINCIPE DE DON DE SPERMATOZOÏDES ? Christophe : « Nous avons discuté normalement, puis ma femme a réfléchi un peu toute seule. Ca s’est décidé quelques jours après ». Patricia : « Oui voilà, c’est le temps de me faire à l’idée que déjà je ne pouvais pas avoir un enfant avec mon mari. C’était si facile d’avoir enfant, alors pourquoi nous, on ne pouvait pas ? Avoir recours au don de sperme c’était pour moi au début comme tromper mon mari. Après l’idée s’est faite, je voulais un enfant et il n’y avait que ce secours là qui était de mise. Donc j’ai accepté de le faire. Je n’ai pas été déçue puisque j’ai eu ma petite Anabelle. Quand on veut un enfant, le désir d’enfant est beaucoup plus grand. Il n’y a aucune séquelle, je ne pense pas que c’est un autre homme, l’amour est là par-dessus ». QUELLE EST VOTRE CONCEPTION DE LA FILIATION ? Patricia : Pour notre fille, on le dit à personne et les gens disent beaucoup « Tiens elle ressemble à son papa » Christophe : « Les gens disent qu’elle me ressemble. Les gens ne savent pas, du coup elle me ressemble, je suis son papa. C’est aussi simple que ça. Le don j’oublie complètement, c’est moi le père, c’est à moi. » Patricia : « Et c’est vrai que quand elle dit papa, c’est pas à quelqu’un d’autre, c’est son père.» COMMENT AVEZ-VOUS VECU LE DON DE SPERMATOZOÏDES ? Christophe : « On a vu Anabelle dans la petite seringue, dans un produit rose, et puis la nature a fait la suite. » Patricia : « Avoir une grossesse, c’est quand même ce que l’on connaître en tant que femme. Donc c’était le bonheur, je suis prête à recommencer. » QUELLE SERA VOTRE ATTITUDE VIS-A-VIS DE VOTRE FILLE ? Patricia : « On va le lui dire, quand elle sera en âge de comprendre, quand elle aura ses petits mots d’enfants, vers 3 ans. Au Cecos, ils nous ont proposé de nous accompagner, ils ont des ouvrages, des livres spéciaux pour leur dire avec des dessins. On ne veut pas lui cacher vu que nous ne l’avons pas fait dans le secret, nous assumons totalement notre décision. Elle vivra avec ça, et ce sera tout à fait normal et naturel. Elle ne sera pas la seule à être conçue comme ceci. Il n’y a pas de honte, on a un enfant et on est totalement heureux. Le principal c’est la famille, et un enfant qui puisse vivre dans le bonheur. On ne remercie jamais assez les donneurs qui ont pu contribuer à notre bonheur, contribuer au bonheur de notre famille. Par rapport au nombre de parents qui en ont besoin, on en manque cruellement. Ce serait bien de faire passer le message pour d’autres parents de bébés. »