Témoignage d’un donneur de spermatozoïdes 


QU’EST-CE QUI VOUS A MOTIVE A FAIRE UN DON DE SPERMATOZOÏDES ?

« J’ai appris par la presse qu’il y avait un déficit de donneurs de sperme, donc je me suis orienté vers les Cecos. C’est donner la possibilité à des gens de concevoir un enfant naturellement. Donc c’est un acte complètement gratuit que j’ai fait. Nous avons nous-mêmes une petite fille, nous allons avoir un deuxième enfant très bientôt et effectivement, c’est une joie au quotidien d’avoir des enfants. Le fait de ne pas en avoir alors que des couples souhaitent en avoir, je considère que si je peux les aider, je le fais sans aucun problème. »


COMMENT VOTRE COUPLE A-T-IL PRIS LA DECISION DE FAIRE UN DON ? 

« Lorsque j’ai appris qu’il y avait des familles qui étaient en attente et qu’il n’y avait pas assez de donneurs, j’ai pris la décision de donner. On en a parlé avec ma femme, cela n’a posé aucun problème car nous avions des enfants et elle trouvait que c’était même bien de donner à partir du moment où ça pouvait rendre service à un couple dans le besoin. » 


QUELLES SONT LES DIFFERENTES ETAPES DU DON ?

« Lorsque j’ai pris la décision d’être donneur, je me suis orienté vers le Cecos le plus proche de mon domicile et on a pris rendez-vous très facilement avec l’hôpital. En fonction de mes disponibilités et de leurs disponibilités, nous avons trouvé sans aucun problème de nombreuses dates pendant lesquelles je pouvais me rendre à l’hôpital. On prend un premier rendez-vous pour avoir un premier entretien durant lequel on nous demande quelles ont été nos motivations pour faire le don. Après, on nous explique le processus : on est invité à venir 4 à 6 fois selon la taille de l’éjaculat, car ils ont besoin d’un certain nombre de paillettes pour que le don soit exploitable. Donc s’il y en a moins, il faut venir plus longtemps.  

Une fois qu’on l’a fait une fois, on le fait mécaniquement sur les séances suivantes. La troisième fois, c’est une séance qui dure un peu plus longtemps parce qu’ils font une enquête sur les ancêtres, afin de savoir s’il n’y a pas de problème génétique dans la famille, auquel cas cela rendrait le don caduc. Chaque don dure une petite heure, le temps de répondre à un questionnaire et le temps aussi de faire le don proprement dit. Quand on prend le rendez-vous, il faut être abstinent entre 3 et 5 jours pour que l’éjaculat soit conséquent. » 




COMMENT QUALIFIERIEZ-VOUS LA DEMARCHE DU DON DE SPERMATOZOÏDES ? 

« Il est assez facile d’aller donner. Je pense que c’est un manque d’information et un manque de volonté mais une fois que la décision est prise, c’est très facile. J’en ai parlé à ma famille, j’en parle aussi à des collègues. Justement j’en ai parlé à des collègues la semaine dernière, ils étaient surpris et puis ils se sont dits que ce n’était pas bête. Je ne sais pas s’ils le feront, mais si on le leur demandait, je pense qu’ils le feraient sans problème. » 

QUEL EST VOTRE SENTIMENT SUR L’ANONYMAT DU DON ? 

« Pour moi l’anonymat est important mais finalement, ça ne me gène pas beaucoup, car je sais que dans tous les cas, ce ne sera pas moi le père. Je donne la possibilité à un couple d’avoir des enfants mais je ne serai en aucun cas le père. Le père, ce sera la personne qui va éduquer l’enfant au quotidien. Je donne la possibilité de, mais je ne me sens pas redevable et je ne suis pas du tout un héros. C’est peut-être aussi comme ça que je conçois le don, c’est-à-dire qu’à un moment donné, j’ai donné, et puis après advienne que pourra ; s’il est utilisé, tant mieux, s’il n’est pas utilisé tant pis. Je ne souhaite pas non plus que l’on me contacte dans 15 ans pour me dire « Tu es mon père biologique ». Ce seront les parents qui vont avoir l’enfant qui seront les véritables parents, mais j’aurais peut-être contribué à rendre des parents heureux. »